Le principe tient en une phrase : chaque soir, vous notez trois choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant. C’est tout. Pas besoin d’un carnet spécial ni d’une demi-heure de calme. Le plus difficile n’est pas de commencer, c’est de continuer sans que l’exercice devienne une corvée ou, pire, une liste de phrases toutes faites qu’on recopie sans y penser.
Ce guide part de cette difficulté-là.
Pourquoi trois, et pourquoi le soir
Trois, parce que c’est assez pour dépasser la première idée qui vient (souvent la plus évidente) et assez peu pour que ça ne prenne que quelques minutes. La première chose qu’on écrit est souvent générale : « ma famille », « ma santé ». La deuxième demande déjà de repasser la journée. La troisième oblige à chercher un détail.
Le soir, parce que la journée est derrière vous. Vous ne cherchez pas ce qui pourrait bien se passer, vous regardez ce qui s’est passé. Rien n’empêche de l’écrire le matin pour la veille, mais l’habitude prend plus facilement quand elle s’accroche à un moment fixe : après le dîner, au lit, dans le RER du retour.
Le piège des réponses trop larges
Comparez ces deux entrées.
Mes amis. Mon travail. Le beau temps.
Le café du matin, bu avant que tout le monde se lève. Le message de Claire, juste pour demander si ça allait. Une place assise dans le métro, ligne 13, à 18 h.
La première n’est pas fausse, mais vous pourriez l’écrire tous les jours. Dans trois mois, en la relisant, elle ne vous dira rien. La seconde ne pouvait être écrite que ce jour-là. C’est ce qui la rend vivante, et c’est aussi ce qui oblige à vraiment regarder sa journée au lieu de réciter.
Une règle simple aide beaucoup : si la phrase pourrait s’appliquer à n’importe quel jour de l’année, ajoutez un détail. Qui, où, à quelle heure, quel goût, quelle phrase exacte.
Ce qui compte comme « une raison de dire merci »
On s’imagine parfois qu’il faut des événements marquants. En réalité, les petites choses marchent mieux, justement parce qu’elles passent inaperçues sans ce moment d’attention. Quelques pistes, si vous séchez :
- Quelque chose que quelqu’un a fait pour vous, même sans y penser (une porte tenue, un « bon courage » au boulot).
- Une chose qui s’est mieux passée que prévu.
- Un moment où vous n’avez rien eu à faire.
- Un objet du quotidien qui a bien fait son travail : un stylo qui écrit bien, des draps propres.
- Une chose que vous avez faite pour vous-même : vous coucher tôt, vous faire une vraie soupe.
- Un endroit : la lumière sur le canal, la boulangerie du coin encore ouverte.
Le cinquième point surprend souvent. Être reconnaissant envers soi-même n’a rien de ridicule. « Être rentré avant la pluie » ou « m’être couché tôt », c’est aussi une manière de remarquer que vous avez pris soin de vous.
Les jours où rien ne vient
Il y aura des soirs où la journée a été franchement mauvaise. Forcer l’enthousiasme ne sert à rien, et écrire « tout va bien » quand ce n’est pas le cas sonne faux à la relecture.
Dans ces cas-là, réduisez l’échelle. Pas « ce qui a été bien aujourd’hui », mais « ce qui a tenu ». Le repas du soir. Le coup de fil qui a duré cinq minutes. Le fait que la journée soit finie, tout simplement. Une entrée comme celle-ci est parfaitement honnête :
Une journée où rien ne marche. Mais j’ai pris le temps de me faire un vrai dîner. Et demain, c’est samedi.
Vous pouvez aussi écrire une seule ligne au lieu de trois. Mieux vaut une phrase vraie que trois phrases pour remplir les cases.
Relire, de temps en temps
Au bout de quelques semaines, une relecture rapide montre souvent des choses qu’on n’aurait pas devinées : les mêmes prénoms qui reviennent, un trajet qu’on aime plus qu’on ne le pensait, l’importance du café du matin. Ce n’est pas le but de l’exercice, mais c’est un joli effet secondaire. Si vous aimez cette idée de relire votre année, le guide sur le livre PDF de votre journal montre comment en faire un vrai document à feuilleter.
Et si trois cases chaque soir vous semblent encore trop, commencez par une seule question. Le guide Questions pour écrire son journal le soir en propose une bonne trentaine.
Dans Ownmost
Ownmost a une mise en page « Gratitude » prévue pour ça : trois champs, chacun avec une courte indication pour vous mettre sur la voie, de « Une chose pour laquelle vous êtes reconnaissant » jusqu’à la troisième. Si vous préférez ne voir qu’un champ à la fois, activez « Une question à la fois ». Vous pouvez aussi choisir votre « Humeur du jour » parmi dix-neuf mots, sans note ni score. Tout reste sur votre appareil, sans compte et sans connexion Internet. Pour voir à quoi ça ressemble, essayez Ownmost dans le navigateur : un mois d’entrées d’exemple y est déjà rempli.